La démarche

DémarcheMirages d'un Eldorado s'inscrit dans la continuité de mon premier documentaire, Make money. Salut, bonsoir!, où j'avais dénoncé les impacts du passage de la compagnie minière Noranda dans la communauté de Murdochville, en Gaspésie.

Make money. Salut, bonsoir! révèle la connivence entre la compagnie minière Noranda, les pouvoirs politiques et, étonnamment, le syndicat des travailleurs. Alors qu'un communiqué datant de 1990, émis par le chef de l'environnement à la Noranda et envoyé au syndicat, à la CSST et au médecin de la compagnie, recommande de cesser l'achat de cuivre potentiellement dangereux provenant de l'extérieur, tout le monde fait la sourde oreille. En 2002, les travailleurs apprennent que ces arrivages de cuivre ont une teneur en Béryllium qui dépasse de 250 fois en moyenne les normes légales de l'industrie et qu'ils continuent d'entrer par pleins chargements à la fonderie gaspésienne de la Noranda!

En découvrant le silence entourant le sort des gens aux prises avec des maladies respiratoires incurables et toutes les questions liées à la contamination de l'environnement, j'ai compris l'immense pouvoir des compagnies minières. La colonne vertébrale du documentaire devient le combat de plusieurs ex-travailleurs qui tentent d'obtenir une réparation des responsables, Noranda en tête de liste.

La fermeture de la fonderie à Murdochville, en avril 2002, était liée à une stratégie de repositionnement international de la minière qui transférait ses exploitations vers le Sud. Peu de temps après, durant la même année, Noranda annonce un investissement de 170 millions de dollars pour l'agrandissement d'Altonorte dans le Nord chilien. Les travaux ont été complétés début 2003. C'est alors que me vient l'idée de prolonger mon regard critique sur les minières canadiennes dans l'hémisphère sud. Durant la préparation du documentaire, un rebrassage des cartes dans l'industrie minière à l'échelle mondiale entraîne la fusion de Noranda avec Falconbridge, puis son rachat par Xstrata en août 2006…